Martin Disler

©The Estate of Martin Disler

©The Estate of Martin Disler

©The Estate of Martin Disler

Martin Disler

Né 1949 à Soleure et décédé le 27 août 1996 des suites d’un AVC à l’hôpital de Genève.

La pratique de Martin Distler, avant d’être celle d’un peintre, d’un graveur, d’un sculpteur exceptionnel et d’un écrivain inspiré, est un geste de dessinateur tentant de saisir la vie dans la complexité de ses énergies essentielles. Les gestes et les traits libérés rendent compte, sans compromis, du tranchant de notre réalité commune. Les corps souvent fragmentés, se rencontrent, se mélangent, se lient pour retrouver des motifs qui semblent avoir parcouru les siècles et les continents.

Tout au long de sa carrière, cet artiste autodidacte et inclassable produit un art puissant, très profondément introspectif, libre de tous programmes et de toutes théories. Il donne naissance à des œuvres protéiformes qui se trouvent très imprégnées de visions intimes liées à la sexualité ou encore à la mort. D’une grande violence, son art apparaît comme catalyseur des tourments intérieurs qui l’animent.

Déployé, la plupart du temps, sur de grands formats, ce foisonnement d’humanité pose un miroir, parfois cruel, sur nos mondes.

Le geste rapide, presque frénétique de l’artiste reflète un besoin essentiel de figuration.

Cette éruption constante apparaît dans la reprise de certaines lithographies au fusain ou à la gouache, mais aussi dans ses gravures de grands formats dont le fond est retouché directement par les doigts de l’artiste.

Les formes s’entrelacent d’une manière si dense que ses productions visuelles approchent la dimension visionnaire et elliptique du travail littéraire qu’il mène en parallèle.

L’urgence manifestée par ses créations, et la sensibilité exacerbée qu’elles font éclater sous le regard du public lui confèrent une place éminente dans une époque qui voit l’émergence de mouvements artistiques libertaires tels les Neue Wilde germaniques, la Transavanguardia italienne ou la Figuration libre française.

Expositions personnelles, sélection


1970 Kunstzone, Munich (première exposition à l’étranger)
1972 Art Basel, Bâle (présentation de ses œuvres pour la première fois)
1973 Kunstmuseum, Olten
1976 Kunstmuseum, Soleure
1980 : Kunsthalle, Bâle (marque le début de sa carrière internationale)<br/Vit et travaille à New York
1981 Centre d’Art contemporain, Genève
Musée d’Art, Winterthur (expose une série de linogravures sur un support de 10 mètres de long)
1982 Documenta 7, Cassel, Allemagne (propulse son œuvre au rang international)
Commence à exposer à la galerie Marian Goodman à New York.
1983 Musée d’Art contemporain, Bâle (première grande rétrospective sur son œuvre graphique)
1985 Peinture murale réalisée in situ à la Serpentine Gallery, Londres.
Expositions personnelles à Paris, Essen et Francfort.
1986 Exposition monographique sous la forme d’un dessin de 40 mètres et une peinture de 50
mètres de long, Sao Paulo. Dernière exposition solo à la galerie Marian Goodman, NY
1988 Arrivée de l’artiste à Neuchâtel qui acquiert une ferme isolée aux Planchettes près de la Chaux de Fonds et y installe son atelier.
Exposition de sculptures et de peintures à la Kunsthaus de Zurich.
1989 Exposition de gravures, Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, Genève
1990 Kunstmuseum, Saint Gall
1991 Exposition Museum of Desire, Musée Albertina, Vienne, Autriche
Exposition de sculptures à Londres, Bâle, Munich et Duisbourg
Rétrospective de l’œuvre des années 1970, Kunstmuseum, Soleure
1996 Disler travaille aux Planchettes et à Amsterdam sur une série de 999 petites aquarelles
Il en achève 400 avant de décéder dans un hôpital de Genève des suites d’un AVC le 27 août.
1999 Exposition consacrée aux aquarelles de l’artiste, MAMCO, Genève
2017 Exposition au Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, Genève
2018 Artgenève a consacré un accrochage de ses œuvres appartenant à une collection genevoise
2019 Bündner Kunstmuseum, Chur