Daniel Orson Ybarra. Lightmotiv   14.04 – 27.05.18

Lire le catalogue
vernissage
sa 14.04.18
de 16h à 19h en présence de l’artiste
rencontre avec l’artiste
sa 28.04.18 à 16h
Daniel Orson Ybarra partagera son univers et sa démarche artistique
événement acqua conscience
sa 05.05.18
événement en collaboration avec l'association OceanCare, présentation de l'engagement d'Ybarra à travers son oeuvre
les enfants et leurs grands-parents à la galerie
sa 26.05.18 de 10h30 à 11h30
atelier créatif.  L’artiste rend hommage à sa grand-mère et aux techniques qu’elle lui a enseignées

Daniel Orson Ybarra. Lightmotiv

Daniel Orson Ybarra est un artiste du regard ; il fait de l’observation son point de départ. Jamais il ne s’arrête de regarder le monde et ce qui s’y passe. Son œuvre est une fenêtre ouverte sur la vie qui dehors fleurit, bruit, éclot, dort. Ensuite, une fois la phase d’observation passée, Ybarra laisse son imagination morceler ce que son oeil a pu déceler. La lumière, les émotions, les atmosphères ; tout se fragmente et se trouve réfracté sur la toile. Mais loin de mimer toute l’image captée, Ybarra déconstruit l’univers, la végétation percée par la lumière, leur gamme chromatique ; il fait sienne cette image. Son imaginaire réagence le réel. Il fait subir un véritable processus physique, voire chimique à cette nature : il décompose la couleur, les signes, les contrastes, pour qu’ils acquièrent une nouvelle lisibilité. Son regard se fait prisme, son imagination explosions de sens.La lumière chez Ybarra est un être réel à part entière. Il la traite avec la même conscience que s’il peignait un personnage, et la fait vivre en plein cœur du tableau. C’est elle qui guide le regard du spectateur et s’en empare. Par son langage plastique, Yabarra semble rappeler une chose essentielle : ces couleurs que l’on perçoit ne sont rien sans la lumière qui les animent ; la magie réside ici. La couleur se répand et vit selon les lois de la réflexion et de la réfraction ; les pigments s’écoulent et peuplent ce cadre transparent. La lumière est la raison de la manifestation de la nature et la raison de sa propagation.
Son exploration artistique de la nature et sa lumière suit le mouvement des ondes qui s’insinuent dans le vivant, le faisant frémir et le spectateur avec. Ybarra s’attache à éclairer un monde dépouillé de détails, comme si les choses et les êtres avaient suspendu leur processus de croissance pour se plonger dans un état d’harmonie fluide. L’artiste nous invite à voyager depuis l’infiniment petit jusqu’au macrocosme, en passant par tous les contrastes visuels infinis. Il nous plonge dans un état hallucinatoire où les réalités physiques se confondent, où le concret se dilue dans l’abstrait au gré d’un jeu filtrant les phénomènes. Ses œuvres peuvent être considérées comme autant d’images imprégnées de souvenirs sensibles, que l’artiste a fait ressurgir par couches superposées, qui ont résisté à l’épreuve du temps.
Le résultat de cette mosaïque naturelle n’est pas seulement un jeu et une recherche formelle, c’est aussi une façon de toucher le sensible, l’harmonie muette des formes et transformer tout cet univers en une explosion de fragments lumineux et colorés. Ces paysages stratifiés sont la composante principale de la série Germinaciones. Son inspiration est toujours la nature, mais il joue ici avec le collage : les Germinaciones sont des assemblages qui présentent deux faces ; l’une est un empilement faisant œuvre seul, l’autre est un ensemble qui prend toute son ampleur avec les interactions des différentes parties entre elles. C’est une condensation des possibles, des infinis qui s’interpellent.
La dernière série d’Ybarra prend sans surprise une nouvelle fois appui sur la nature. Mais sur un élément précis cette fois. Fini le bouillonnement vert, le magma émeraude, les poussées rouge coquelicot : Ybarra choisit de représenter la vaste palette chromatique d’une seule couleur ; le bleu. Défenseur des océans, il se concentre sur le caractère infini de l’eau, imprimant à son travail des nuances inédites. Pour réaliser sa série Aqua, il utilise des pommes de terre qu’il coupe en deux, trempe dans la peinture pour ensuite les tamponner sur les toiles. Cette technique très manuelle, il l’hérite de sa grand-mère, qui lui a transmis le goût de l’art.